Polychromos ou Prismacolor : mon comparatif après 5 ans

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La question que tout le monde se pose
C'est la question qui revient tout le temps quand on veut passer aux crayons haut de gamme : Polychromos ou Prismacolor ? Les deux coûtent cher, les deux ont leurs fans, et les comparatifs que je lisais ne m'avançaient pas beaucoup parce qu'ils répétaient tous la même chose.
Alors je vais te donner mon avis après cinq ans de coloriages mystères avec les deux. Pas un avis technique de dessinateur, un avis de quelqu'un qui remplit des zones numérotées pendant des heures.
Et ma réponse courte, c'est : je prends les Prismacolor plus souvent, mais ce n'est pas parce qu'ils sont meilleurs.
36 contre 150 : la différence qu'on oublie
Ma boîte de Polychromos contient 36 crayons. Ma boîte de Prismacolor Premier en contient 150. Sur le papier c'est un détail, en coloriage mystère c'est énorme.
Dans un coloriage mystère, les couleurs sont imposées par la grille. Tu ne choisis pas, tu suis. Une planche un peu détaillée demande facilement trente couleurs différentes, et certaines sont très proches les unes des autres. Avec 150 crayons, tu trouves presque toujours la nuance exacte. Avec 36, tu passes ton temps à superposer pour approcher la bonne teinte, ou à faire des compromis.
Ce n'est pas un défaut des Polychromos, c'est un choix de coffret. Faber-Castell en propose aussi en 60 et en 120, et on peut acheter les crayons à l'unité, ce que j'aime beaucoup. Mais si tu compares une boîte de 36 à une boîte de 150, compare d'abord ça.
Cire contre huile : d'où vient toute la différence
Tout le reste découle d'une seule chose. Les Prismacolor Premier ont une mine à base de cire, c'est même écrit sur la boîte, mines tendres. Les Polychromos ont une mine à base d'huile.
La cire est grasse et tendre. Elle dépose beaucoup de matière à chaque passage, donc elle couvre vite et sans forcer. Une grande zone est remplie en deux passes, la main ne fatigue pas, et le rendu est tout de suite dense.
L'huile est plus dure. Elle dépose moins, donc il faut repasser plusieurs fois pour obtenir la même densité. C'est plus long et ça demande plus d'effort.
Sauf que ça se retourne complètement dès qu'on parle de dégradés. Avec les Prismacolor, le grain du papier se remplit tellement vite qu'au bout de deux passes il n'y a plus de place pour poser autre chose. J'ai beaucoup de mal à faire des dégradés avec eux, et j'ai longtemps cru que c'était moi. Ce n'est pas moi, c'est la cire. Avec les Polychromos, comme chaque passage dépose peu, on garde le contrôle jusqu'au bout et on peut superposer dix fois.
Donc : couverture rapide d'un côté, contrôle du dégradé de l'autre. Il n'y a pas de gagnant, il y a un compromis.
Mes deux coloriages, côte à côte
Le plus parlant, c'est de regarder le résultat. Voici deux planches que j'ai coloriées, l'une entièrement aux Polychromos, l'autre entièrement aux Prismacolor.
Sur Ariel, les aplats sont pleins. Les cheveux rouges et la robe violette sont denses, le grain du papier a disparu, et le coquillage lumineux se fond tout seul. C'est le genre de rendu qui donne l'impression d'une image imprimée.
Sur Belle et le prince, on voit encore le crayon et le papier. Les tons chair sont plus nuancés, il y a de la matière, et ça ressemble davantage à un dessin qu'à une impression.
Franchement ? Je trouve le rendu Prismacolor plus joli. Mais c'est un goût, et il se discute : beaucoup de gens préfèrent justement voir le crayon.
L'odeur, et pourquoi j'en parle
Il y a un point dont personne ne parle dans les comparatifs et qui compte pour moi : les Prismacolor sentent fort. Vraiment fort. C'est la cire, et c'est une odeur grasse qu'on prend en pleine figure quand on ouvre la boîte, et qui reste quand on colorie longtemps.
Les Polychromos ne sentent presque rien.
Si tu es sensible aux odeurs, si tu colories dans une petite pièce, ou si tu passes trois heures d'affilée sur une planche, ce n'est pas un détail. Je préfère te le dire avant que tu commandes une boîte à 150 euros.
Le voile blanc après 5 ans : ce que j'ai vérifié
C'est le reproche numéro un fait aux Prismacolor, et on le lit absolument partout : le wax bloom. La cire remonterait à la surface avec le temps et laisserait un voile blanchâtre sur les zones les plus appuyées.
Alors j'ai rouvert mes vieux livres de coloriage pour regarder, planche par planche.
Aucun voile blanc. Après cinq ans, rien n'a bougé.
Je précise mes conditions, parce qu'elles comptent : je colorie dans des livres, qui restent fermés et rangés sur une étagère. Pas des feuilles encadrées, pas d'exposition au soleil, pas de chaleur. Le wax bloom dépend aussi de l'épaisseur des couches et de la température.
Donc je ne dis pas que ça n'existe pas. Je dis que dans les conditions normales d'un coloriage mystère, c'est à dire un livre qu'on referme, ça ne s'est pas produit chez moi en cinq ans. Et c'est précisément le cas de la plupart des gens qui se posent la question.
Lequel je prends quand je commence une planche
Dans les faits, j'attrape les Prismacolor. Pour une raison très terre à terre : une planche de coloriage mystère, c'est des centaines de petites zones à remplir, et ils couvrent vite sans que je me fatigue la main. Sur trois heures de coloriage, ça change tout.
Les Polychromos, je les sors quand il y a des dégradés à travailler, des visages, des ciels, des tissus. Là, leur dureté devient un avantage.
Et j'aime beaucoup un détail des Polychromos : le numéro de la couleur est inscrit sur le crayon. Ça paraît anodin, mais quand on se fait un nuancier, c'est précieux.
Alors, lequel choisir ?
Je ne vais pas te désigner un gagnant, parce qu'il n'y en a pas. Voilà comment je trancherais à ta place :
Prends les Prismacolor Premier si tu fais surtout du coloriage mystère avec beaucoup de zones à remplir,
si tu veux un rendu dense et éclatant rapidement,
si tu ne veux pas te fatiguer la main sur de longues séances,
et si les odeurs fortes ne te dérangent pas.
Prends les Polychromos si tu travailles les dégradés et les fondus,
si tu veux une pointe qui tient et un trait précis,
si tu es sensible aux odeurs,
si tu préfères voir la matière du crayon dans le résultat,
et si tu aimes pouvoir racheter les couleurs à l'unité.
Et si tu hésites encore : les deux sont excellents. Ce sont des crayons que je garde depuis cinq ans et qui n'ont pas vieilli. Ce n'est pas un choix entre le bon et le mauvais, c'est un choix entre deux façons de colorier.
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Prismacolor Premier - Crayons de couleur
Faber-Castell - Polychromos - Crayons de couleur